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Extrait d’El Dorado de Marcel L’Herbier.

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Marcel L’Herbier est né à Paris en 1888. Diplômé de l’école des Hautes Etudes Sociales et licencié en Droit, c’est au service cinématographique de l’armée qu’il découvre le cinéma. En 1918, il fait ses premiers pas dans la réalisation avec Phantasmes, qu’il ne finira pas pas pour raison militaire. Néanmoins il tourne quelques mois plus tard Rose France,  que les critiques définiront comme un « étrange collage symboliste » et « film-poème excessif et troublant »; Ainsi dès le début de sa carrière il expérimente les truquages à la caméra; C’est par cette maîtrise de l’image animée qu’il obtient un contrat de deux ans chez Gaumont. Tout comme Louis Delluc et Germaine Dullac, Marcel L’Herbier contribue à construire le langage filmique moderne.

El Dorado est film muet (drame) de Marcel L’Herbier sortit en 1921. Il a été tourné en Andalousie.

Synopsis :

Ce film met en scène la détresse d’une mère, Sibilla, danseuse au cabaret El dorado à Séville, voulant secourir son fils d’une mort probable. Elle fait donc appel à son ancien protecteur, le père de son fils, un aristocrate, mais il refuse de l’aider. Décidée à se venger, elle fait échouer le mariage qu’il avait organisé pour sa fille. Désespéré, elle confie son enfant à la mère d’un jeune peintre; Un soir, avant d’entrer en scène, elle se suicide derrière la scène de l’El Dorado.

Quel sont les caractéristiques qui confère à El Dorado cette assimilation a l’impressionnisme ?

Bien qu’assimilé à l’impressionnisme, on retrouve dans El dorado une influence marqué par le mouvement expressionnisme Allemand en vogue à l’époque, notamment dans les jeux d’ombres et dans certains décors « macabres ».

Comme nous l’avons dit précédemment dans l’introduction, les cinéastes impressionnistes ont voulu tout comme les peintres qui procèdent par une successions de couches, procéder par une successions d’effets, et ainsi créer une « symphonie visuelle ». L’Herbier respecte cela en introduisant des flous, notamment des « flous tramés »  qui pour l’anecdote provoqua la colère de Léon Gaumont à la projection qui cru, que c’était une faute de l’opérateur au montage, il insère aussi des sur-impressions, des déformations optiques et des fondus comme pour mieux accentuer le dénouement tragique. Nous pouvons remarquer que le rythme est rigoureusement travaillé ainsi que le cadrage et le montage. En effet, nous sommes parfois face à un véritable « montage épileptique », les plans ne durant pas plus d’une demi-seconde. L’Herbier va jusqu’à filmer à travers un voile en dentelle, comme pour styliser son oeuvre à l’extrême.

On retrouve dans toute l’oeuvre de L’Herbier un univers onirique. En effet par exemple il opère un flou sur le personnage principal quand celle-ci est perdu dans ses rêveries.


Nous pouvons aussi nous attarder sur l’apparence du personnage de Sibilla, qui n’est pas sans nous évoquer le tableau de Manet, Berthe Morisot à l’éventail qui date 1872.

Berthe Morisot à l'éventail, Manet

AC

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