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L’expressionnisme est un courant pictural qui voit le jour en Allemagne à l’aube du XXème siècle. Alors que la première guerre mondiale s’apprête à éclater, les revendications sociales et le sentiment de malaise général s’intensifient. C’est dans ce contexte historique et social  bien particulier que s’inscrit l’apparition de l’expressionnisme. Des artistes tels que Heckel, Kirchner, Schmidt-Rottluff ou Nolde sont à l’origine de la constitution du groupe appelé Die Brücke. Fondé dans les années 1905 il fait partie avec Der Blaue Reiter (qui voit le jour en 1911) des deux groupes majeurs de l’expressionnisme allemand. Les artistes membres de Die Brücke souhaitaient par la radicalité de leurs partis-pris (choix du sujet, couleurs utilisées, façon d’appliquer la matière, composition, etc…) faire émerger la nouveauté. Le nom du groupe (le pont en allemand) s’inspirant de la pensée nietzschéenne pour qui l’homme était un pont vers un monde meilleur, marque une volonté de changement, de transition. Ce qui implique nécessairement une rupture avec les conventions académiques et les codes picturaux alors établis.

Malgré l’apparente influence des œuvres d’Edvard Munch, du post-impressionnisme (en particulier celui de Van Gogh), du symbolisme ou encore de la palette chromatique des fauves jamais ils ne revendiquaient leur filiation avec d’autres courants picturaux. Au contraire, certains artistes ont parfois antidaté leurs œuvres pour ne pas que leurs influences soient décelées. Ce qui souligne nettement leur désir de dissidence en s’attribuant entièrement les causes de leur originalité.

Les sujets représentés par les expressionnistes sont assez divers (paysages, nus, scènes de rue, etc..) bien que généralement à thématique sociale. La façon d’aborder ces thèmes, souvent dérangeante, reflète le sentiment de malaise ressentie à l’époque. Les toiles du peintre Kirchner, un des plus représentatifs du courant, en sont des témoignages indéniables. Par exemple, Potsdamer Platz réalisé en 1914, induit une vision très négative de l’artiste sur la population citadine. Les nuances utilisées pour la peau des personnages tirant sur le vert ou encore les formes très distordues (allongés, géométrisées) confèrent à la toile une atmosphère étrange, inquiétante et sordide.

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Par ailleurs, l’expressionnisme tient au début du XXème siècle une place tout-à-fait importante dans la culture allemande car en plus d’être un courant pictural, l’expressionnisme touche d’autres domaines artistiques tels que la sculpture, l’architecture, la musique ou encore la littérature. Il n’est donc pas étonnant que le cinéma subisse également cette influence. D’autant plus, que sa récente apparition ne suscite nullement l’intérêt des érudits qui ne voient en lui qu’un divertissement de masse sans réel potentiel artistique.

Les metteurs en scène de l’époque se sont donc servis de la place prédominante que détenait l’expressionnisme, du goût pour cette mouvance, pour légitimer le cinéma en tant qu’art. C’est en montrant aux yeux de tous les possibilités cinématographiques, notamment en recréant une ambiance, des personnages, ou des décors semblables à ceux d’un tableau expressionniste que le cinéma pourrait alors être considéré à sa juste valeur.

Informations relatives à l’historique du mouvement trouvées sur ces sites : http://www.histoiredelart.net/courants/expressionnisme.html, http://www.cinematheque.fr/fr/expositions-cinema/precedentes-expositions/cinema-expressionniste/entretien/peinture-cinema-expressi.html

Sarah Hatziraptis

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