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Le Cabinet du Dr Caligari (Das Kabinett des Drs. Caligari) a été réalisé en 1919 par Robert Wiene sur le scénario de Carl Mayer et Hans Janowit.

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Synopsis :

A l’occasion d’une foire organisée dans une petite ville allemande nommée Holstenwall, le Docteur Caligari exhibe Cesare un somnambule prédisant l’avenir. Suite à leur arrivée plusieurs meurtres sont commis, dont celui d’Alan à qui Cesare prédit une mort imminente. Assassiné la nuit même, son ami Franz soupçonne le Docteur Caligari et Cesare d’en être les auteurs…

Comme nous avons pu le voir précédemment, les œuvres expressionnistes sont caractérisées par la volonté des artistes de créer un nouveau monde en passant par l’expression de leurs sentiments et par leur vision du monde. Cet aspect est tout particulièrement visible dans le Cabinet du Docteur Caligari.
Les questions d’abus de pouvoir et d’autorité, de la folie, de la manipulation mentale en sont les thèmes centraux. Elles livrent un message très politisé témoignant de l’instabilité régnant alors dans la société allemande. Les décors du Cabinet du Docteur Caligari viennent largement appuyer cet état de fait.

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Walter Reimann, Walter Röhrig et Hermann Warm, trois peintres de formation, ont réalisé les décors du film. Les thèmes abordés dans le scénario conduisirent les décorateurs à adopter une esthétique expressionniste. Contrairement à d’autres films de la mouvance (Nofseratu le vampire par exemple) le vocabulaire expressionniste est utilisé à outrance ; on peut le voir par l’omniprésence des formes anguleuses.
Ci-dessous, une esquisse réalisée par Warm pour le film :

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L’influence de la peinture expressionniste se fait sentir non seulement dans l’angularité des formes mais aussi dans l’aspect penché ou distordu des éléments architecturaux (encadrements de portes, fenêtres) ainsi que dans l’atmosphère lugubre ou encore dans le contraste lumineux très marqué.

Les éléments du décor côtoyés par les personnages n’ont plus rien de réel bien que leurs formes restent reconnaissables. Les décorateurs n’ont en aucun cas cherché ici à reproduire un décor qui se veut naturel mais bien à plonger le spectateur dans une toile expressionniste. Par ailleurs l’absence de perspective et la violence des clairs obscurs mettent en valeur ces décors anguleux. L’aplanissement des éléments et le contraste très marqué du noir et du blanc soulignent l’orthogonalité des lignes.

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                                 La ville, Jakob Steinhardt, 1913

Pour de plus amples informations concernant le décor et les décorateurs du film, se référer au site suivant : http://www.odysseeducinema.fr/Expressionnisme-allemand.php qui retrace la genèse des décors.

SH

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