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Germaine Dulac de son vrai nom Charlotte Elisabeth-Germaine Saisset-Schneider, est née le 12 novembre 1882. Très tôt confiée à sa grand mère elle est élevée à Paris. Féministe et socialiste, elle travaille en tant que journaliste-reporter pour « La française », où elle rédige des portraits de femmes, et « La fronde ». C’est suite à la d’un voyage à Rome, avec la danseuse-étoile d’opéra et actrice Stacia de Napierkowska que Germaine Dulac décide de ce consacrer au cinéma, cet art nouveau. Elle réalise son premier film en 1915 Les soeurs ennemies.

La souriante Madame Beudet est un film muet (32 minutes), adapté d’une pièce de théâtre de Denys Amiel et André Obey, réalisé par Germaine Dulac en 1923. On est alors au milieu de sa carrière cinématographique et à la fin du mouvement impressionniste.

Synopsis :

Madame Beudet (Germaine Dermoz) est une femme tyrannisée par son mari Monsieur Beudet (Alexandre Arquillière). Avide de s’affranchir de cette vie misérable, son seul refuge est la rêverie. Face a ces conflits perpétuels, Monsieur Beudet prend l’habitude de prendre un revolver non chargé et de le poser sur sa tempe. Un Jour Madame Beudet place des balles dans le révolver, le crime est évité de justesse.

Image tirée de La souriante Madame Beudet.

Edouard Manet, Jeune femme se poudrant.

Par quelles caractéristiques La souriante Madame Beudet est lié mouvement impressionniste ?

La souriante Madame Beudet a été considéré comme un film expérimental, néanmoins il fait partie de manière indéniable à la première avant-garde Française. On retrouve la volonté de « symphonie visuelle » prônée par les cinéastes impressionnistes; notamment au travers des fondus, flous, jeux de lumière et de plans, prismes déformants, importance des cadrages, ouverture de l’iris de la caméra en ralenti.

Chez Germaine Dulac le plan et le cadrage sont la « totalité » du film. En effet, le gros plan, c’est la note impressionniste, l’influence passagère des choses qui nous entourent. Ainsi  dans Madame Beudet, « le premier gros plan de l’oreille de Mme Lebas c’est toute la province, tous les cancans, l’esprit étroit à l’affût des disputes, des discordes ». Outre le plan, Germaine Dulac s’attarde sur les mouvements de caméra censés refléter la vie intérieure et extérieure. De manière implicite le lien impressionniste est aussi fait à travers la musique. En effet au début du film, Madame Beudet joue un morceau musical de Debussy, compositeur impressionniste. De plus nous avons de longs moments musicaux vocaux, comme pour mieux étaler la touche qui vient se rompre par une musique saccadée. Nous avons dans ce film de multiples allusions à la peinture ainsi qu’à la poésie symboliste, notamment La mort des amants de Baudelaire.

En quoi La souriante Madame Beudet se rattache au mouvement féministe ?

Comme nous l’avons remarqué dans l’introduction, Germaine Dulac fait partie du mouvement Féminisme ; ainsi ce film n’est pas seulement à visée esthétique. En effet, Germaine Dulac cherche à traduire le « non-dit » par la mise en évidence de  gestes du quotidien, tel que lire, se coiffer, s’habiller; elle traduit aussi l’emprisonement à cette vie de Madame Beudet par des plans où elle est seule dans la maison, à la fenêtre. Ainsi, Germaine Dulac cherche à montrer les soucis et l’ennui d’une femme de commerçant bourgeois en province. De plus le titre du film est clairement satirique, car Madame Beudet est tout sauf souriante. Le critique Claude Fayard notera d’ailleurs :

“Je soupçonne Germaine Dulac d’avoir vécu la vie de province, d’en avoir souffert l’enlisement de l’habitude et subi les heures sans enthousiasme et sans fièvre. Car nul, mieux qu’elle, ne l’a traduite à l’écran avec exactitude et sensibilité. Et, c’est cette création d’une atmosphère qu’il faut, avant tout, retenir dans l’œuvre de ce
réalisateur.”

 La souriante Madame Beudet est considéré comme le premier film féministe, il influencera de nombreux cinéastes tels que Salvador Dali pour Le Chien Andalou. Ce film est l’un des plus important pour elle, ainsi elle déclare :

La souriante madame Beudet, un des films que j’ai mis en scène
avec le plus d’amour (…) Là encore, c’est le mouvement qui rythme
les sentiments.

Dans tout les films de Germaine Dulac nous avons une volonté féministe, en effet, elle aborde des thèmes féministes liés à la liberté (La Belle Dame sans merci, 1920 ; La Folie des Vaillants, 1925 ; Antoinette Sabrier, 1926 et Princesse Mandane, 1928), mais aussi à travers le choix entre travail et famille (Mort du Soleil, 1921), à l’aspect oppressif de la mentalité bourgeoise (La Souriante Madame Beudet, 1922), au mythe de l’ascension social (Gossette, 1923 et Princesse Mandane, 1928).

Pour conclure ce n’est pas seulement Germaine Dulac et le fait qu’elle soit l’une des premières cinéastes femmes mais c’est tout le mouvement cinématographique impressionniste qui se veut féministe, notamment à travers un film tel que El Dorado de Marcel L’Herbier que nous avons vu précédemment.

Quelle est la place de Germaine Dulac dans le mouvement impressionniste ?

Germaine Dulac est l’une des premières femmes cinéastes et la seule dans le mouvement impressionniste. Elle est l’une des premières cinéastes à penser son art et à écrire de nombreux essais sur ce que représente le cinéma. En 1917, Germaine Dulac rencontre le chef de file du mouvement impressionniste Louis Delluc. Cela donnera naissance à La fête espagnole réalisé selon un livret de Delluc. La fête espagnole est réalisé dans des décors naturels, à travers un montage rythmé censé représenter la vie intérieure des personnages.

Sources :
http://www.cineclubdecaen.com/realisat/dulac/souriantemadamebeudet.htm
et http://library.nakanishi.ac.jp/kiyou/gaidai(40)/09.pdf

AC

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